lundi 4 mai 2009

Ascension du Sajama, 6550m, le toit de la Bolivie
Après un long périple en bus, camion et mini-bus, nous voici enfin arrivés au Parc National de Sajama, avec un copain francais, Thomas. Nous plantons notre tente au bord du rio et passons l'après-midi à bouquiner, pêcher (sans succès, malheureusement), et faire un peu de lessive.
L'entrée du parc, avec le Parinacota à 6350m (celui de gauche), l'ascension est au programme du prochain voayge dans le coin !
Alors ça mord ? On mange quoi ce soir sinon ? Un lama ?!
Le lendemain, nous trouvons un guide bien équipé et qui semble connaitre son boulot. Il vaut mieux, car l'ascension se passe en grande partie sur la neige et le glacier. Journée agréable avec une petite baignade aux aguas calientes, face au "monstre", suivie par une bonne nuit de sommeil...
A la source d'eau chaude, 38 degrés... Mmhh !
Notre guide et ses étoiles en or sur les dents, épatant non ?!!
Et le 1er mai (bon anniversaire à nos grands-mères!!) au matin, nous mettons en route la cavalerie, à prendre au sens propre, puisque deux mules nous accompagnent jusqu'au camp de base, à 4808m. Nous allons dormir au "sommet du Mont-Blanc" (on ne s'y habituera jamais, même si ce n'est pas la première fois !). La cuisinière nous concocte de bons petits plats sur son réchaud à kérozène. Nous passons une bonne nuit, même pas froid. Vivent nos duvets -15 degrés Valandré, un bon investissement.
Le deuxième jour de l'ascension, nous montons jusqu'à 5400m, aidé par un porteur. On a beau prendre le minimum, on est tous un peu chargé. La vue alentours est splendide : l'altiplano parsemé de volcans enneigés, des couleurs vives, rouge, orange, bleu, blanc....On ne se lasse pas de regarder derrière nous et de prendre des photos. Il fait beau, tout est parfait. Arrivée au campo alto, un grand moment : nous sommes sur une arrête, où est amménagée une toute petite aire à raz le précipice. C'est là que nous devons planter la tente... On pousse 2 ou 3 pierres, et on y arrive. On temine épuisés ! Le repas est prêt. C'est le déjeuner, et dans 2h, on aura droit au diner. A 17h dodo ! Au menu, des pâtes, commes tous les jours, plusieurs fois par jour, mais elles ont des formes différentes, alors ça va... Le vent se met à souffler... et notre tente (enfin, celle du guide, pour 3 places) qu'on ne peux pas vraiment tendre vu les conditions de terrain, se met à flotter et claquer au vent. Ca rend fou ce vent ! Et pour dormir, surtout qu'il est tôt et qu'il fait encore jour, mission difficile. Heureusement, Thomas distribue les boules Quies en cire. Un grand moment de fou rire à cause d'Alexis qui met ca pour la première fois. D'ailleurs, il s'inquiète pour demain, pourra-t-on décoller avec ce vent ? Il n'aura pas beaucoup dormi, dérangé par des maux de ventre qui le poursuivront encore longtemps. Ca y est, il dort !
The team, de gauche à droite : Beatricia la cuisinière,Fernando le porteur,Miguel le guide, Thomas et nous.
Oh c'te touche !!
Remarquez les détails : on n'a pas oublié la boulloire, très important pour faire fondre la neige au camp d'altitude.
Derrière la tente, 400m de vide... Attention en allant faire pipi !!
L'ombre du monstre qui s'étale sur l'altiplano...
Dring dring, le réveil sonne. Il est 23h30... Habillage multicouches, qui se révellera inutile, car il n'y aura pas de vent pour monter et la température est "douce" (-8 degrés). Petit dèj' laborieux car le réchaud est ensommeillé lui aussi. Et c'est parti, 3 loupiotes dans la nuit étoilée, à l'attaque du Sajama et de ses pentes raides, voir très raides lorsqu'il faut grimper un mur à l'aide du piolet et des pointes avant des crampons. Pas de zigzag, le guide monte tout droit en répétant qu'ils vont trop lentement... Oh, oh ! On ne fait pas la course non plus ! Pour prendre des photos, il faut négocier sec. C'est qu'il veut rentrer sur La Paz le jour même, il presse donc un peu son monde... Mais on s'en fout de son emploi du temps ! Alexis commence à être mal, à vomir. Thomas l'encourage à continuer, au contraire du guide qui fait tout pour les convaincre de redescendre (il sera rentré plus tôt comme ça...). Heureusement, nos gaillards ont de la volonté et n'ont pas l'intention d'abandonner en si bon chemin. Et ils arriveront au sommet, fourbus mais victorieux. La vue est splendide, magique, le sommet de la Bolivie ! Et le plus haut sommet sur lequel ils aient mis les pieds. Côté parapente, mauvaise et étrange surprise : pas de vent ! Deux tentatives de décollage, un guide qui s'impatiente et un terrain loin d'être idéal auront raison de la volonté de Thomas, ... mais pas de celle d'Alex... qui profitera au dernier moment d'une bourrasque pour s'envoler. Tout seul. (Attention, cet exercice est réalisé par un professionel (hum hum), ne pas tenter cela à la maison par vous même). Dans l'élan et la précipitation, ils n'ont pas vérifié le contenu des sacs, et Alex est parti avec les crampons de Thomas ! Oh la galère. Le guide, sur ce coup, a bien géré. Il l'a descendu tout le long en rappel. Donc deux fois plus de temps nécessaire. Fini l'idée de rentrer à La Paz ce soir ! Une sacrée expérience tout de même ! Et une peur panique lorsque Gaelle, abritée dans sa tente, ne voit que deux silouhettes arriver au loin, avec 3h de retard ! Heureusement, le porteur venait d'arriver et avait vu le parapente atterrir. Ouf, soulagée ! Un thé pour se remettre de ces émotions, puis l'équipage descend au camp de base où nous attendent depuis longtemps déjà les mules et le muletier. On retrouve Alexis, traumatisé depuis qu'il a vu les crampons dans le sac. On redescend, enfin tous réunis, au village. On a bien mérité l'hotel ! Bon, manque de pot, pas de douche chaude ! Peut-etre que ça se sent à travers votre écran ! Le lendemain, réveil 4h30 pour rentrer à La Paz. On est tellement chargé, que le guide roule à 60km/h tout le long. On mettra 7h pour arriver... enfin. Ahhh, une bonne douche ! Ah non, quand Alex y va, elle est froide ! Photo de nuit avant le départ. On devine la suite des hostilités au clair de lune, derrière.
Quand on vous disait que c'était raide ... Au sommet de la Bolivie !!!
Envol...

dimanche 26 avril 2009

Sucre

NB : Prononcez "Soucré", voire "Soucllé" !

Cette ville très sympa est nichée dans les montagnes: De toute façon, en Bolivie, si on n'est pas dans les montagnes, on est dans la forêt Amazonienne ! Mais pour une fois, on n'est pas trop haut, 2800m... ! Gaëlle trouve que c'est le paradis, parce qu'il y a... du chocolat !! C'est une des spécialités de la ville ! Il y a aussi de bons bars pour sortir, d'excellents restaurants et toujours ce petit coté "roots" de la Bolivie. Citons le mercado central (le marché quotidien), où l'on mange tous les midis pour trois fois rien et où le plaisir des yeux et des narines peut être surpris au "rayon" boucherie : pas de banque réfrigérée, pas d'escalope, pas de plat traiteur. Non, des demis-boeufs, moutons, poulets (entiers, avec ou sans tête), des abats,... Bon, on va plus loin ?

On flâne un peu dans cette ville, on traîne sur la place,... Puis c'est dimanche, jour de congé pour les Boliviens des villes, et beaucoup en profite. Les parcs sont pleins de jeunes aux cheveux gominés, d'enfants sur les manèges veillés par leurs parents, des vieux qui refont le monde assis sur un banc...

Ceux qui ne sont pas au parc, sont au stade. Il y a un match de football tous les dimanches après-midis. On y était aussi. Rencontre entre les deux meilleures clubs boliviens : Sucre-Cochabamba. C'était super et on a payé 2 euros pour les deux, sandwish, pop-corn et barbe à papa compris ! C'est très populaire : il y a autant de jeunes passionés que de grand-mères ou de nourrissons dans les bras de Papa ou Maman venus passer un bon moment en famille. Rien à voir avec l'Argentine. On a vraiment passé une bonne journée !

Le vendeur de barbe à papa. On a craqué, souvenirs d'enfance...

Les jours suivants, nous sommes allés nous promener sur le sommet qui surplombe la ville. Une petite rando forte en escaliers. Le soir, avec les autres Français de l'hotel (90 pour 100 de la population actuelle du lieu), nous avons fait un super restau. On s'est régalé. On est sorti en boîte, un soir également. C'était très amusant d'observer les Boliviennes peu vêtues (ça change de ce qu'on a vu dans les villages jusqu'à présent !) se dandiner sur du vieux disco. On était juste un peu déçus de ne pas avoir de musique latino. On a fait du shopping, du repérage tout du moins. Ils ont vraiment de très beaux articles artisanaux.
Shopping... Si si, Thomas, ça te va à ravir... Vue panoramique depuis le mirador.
On a aussi eu la chance de tomber sur la répétition générale d'un festival. Des jeunes, tous dans des costumes superbes, présentaient une chorégraphie sur un concert live. Les filles étaient en jupe tellement courte qu'on voyait leur culotte assortie ; les garçons portaient une dizaine de clochettes à chaque jambe, qui accompagnaient la musique. Le groupe avaient des instruments typiques boliviens, mais avec une batterie et un style plus moderne, des voix de ténors harmonieuses. Impressionant.
Holà, chicas, como anda !
Une ville agéable même la nuit.

vendredi 24 avril 2009

POTOSI et sa mine d'argent
Le lendemain de notre arrivée à Uyuni, nous étions déjà dans le premier bus pour Potosi, il faut bien qu’on avance quand meme ! 7h dans un bus bondé, sur une piste qui monte, qui monte, à travers les montagnes. On était bien contents d’arriver ! Potosi, c’est une ville tout en pente, au pied du Cerro Rico, mont où se trouve la mine qui fait (ou faisait) la fortune de cette ville.

Quelques portraits...

Ceux la ne sont pas des mineurs, mais des hommes qui travaillent sur les routes (enfin les pistes...), la DDE quoi !Visite de la mine. L’agence nous vendait de l’aventure, ca en a été une ! Et avec de l’authenticité, en plus ! Nous sommes entrés courbés en deux dans la mine, les pieds dans l’eau (heureusement qu’on était équipés de la tete aux pieds), à la suite des mineurs qui poussaient difficilement leur vagonnet. Lorsqu’il est plein, il pèse une tonne et ne sont que trois pour le guider sur les rails en piteux état. On était plongé dans Germinal de Zola. Premier arret à la statue du Tio, le dieu de la mine. Avec l’arrivée des espagnols, le catholisisme a été imposé et la vénération des Dieux Incas (la Pacha Mama, le Tonnerre, l'Eau et le Tio) a été interdite. Le mot Tio vient d’ailleurs de la déformation du mot dios (dieu) prononcé par les Queschua, mais les espagnols ne se rendaient ainsi pas compte qu’ils parlaient d’un dieu. Il a une forme de diable rouge, imposant, avec un penis en érection qu‘on ne peut manquer. Il symbolise la fertilité et “l‘accouplement“ qu’il a avec la Pacha Mama pour produire du minerai dans cette montagne. C’est pour cette croyance que, dans cette mine, les femmes n’ont pas le droit de travailler : elles attisent la jalousie de la Pacha Mama, ce qui est mauvais pour sa relation avec El Tio. Les mineurs font des offrandes quotidiennes au Tio : des feuilles de coca, de l’alcool (96 degrés tout de meme), des cigarettes allumées… Notre guide l’a d’ailleurs honoré de cette manière. La dynamite en vente libre...

Les Rodrigoux avec EL TIO

Plus loin, nous avons emprunté une galerie étroite perforée manuellement. Rampant tant bien que mal dans ce boyau qui monte 30 mètres plus haut, nous rejoignons deux frères qui travaillent un filon d’argent, de bronze et de zinc. Les mineurs étaient en pause, à l’endroit meme de leur travail. Lorsqu’ils rentrent dans la mine, c’est pour 8h environ, sans voir le soleil. Ils rentrent ensuite chez eux pour manger, car ils ne mangent pas de tout ce temps, pour se reposer, puis ils recommencent dau milieu de la nuit pour de longues heures encore. Ils ne s’arretent que le dimanche, le seul moment où il n’y a personne dans la mine. Pour résister à ce labeur, ils ont les feuilles de coca : une par une, ils les mettent dans leur bouche en enlevant la tige. Ils les mettent avec les autres dans la joue, et garde cette grosse boule toute la journée durant. Les mineurs travaillent aujourd’hui en coopérative, dont ils sont tous socétaires et n'ont pas chef. Les personne d’un groupe qui travaillent ensemble, selon les horaires qui leur chantent, gagnent la meme chose. Leur salaire varie en fonction de la vente au raffineur des roches extraites cette semaine-là. Au temps des espagnols, il y avait beaucoup d’argent dans la mine, on dit qu’on aurait pu construire un pont d’argent pur de Potosi à Madrid. On dit aussi, qu’avec les conditions de travail qu’ils imposaient (6 jours d’affilés sans voir le jour), on aurait pu construire ce meme pont avec les os des mineurs morts. Mais aujourd'hui, ils exploitent surtout le zinc. En 2007, le kilo valait 2 dollards, actuellement 60 centimes de dollards. Autant dire rien. Cela couvre à peine les frais qu'ils ont pour travailler (dynamite, coca, matériel...). C'est pour cela que l'agence nous a conseillé de leur amener des cadeaux : boissons, dynamite, feuilles de coca. Notre guide a réparti les présents du groupe aux différents mineurs que l'ont a rencontré et qui nous ont très aimablement accueillis. Aujourd’hui, ce travail tue moins, mais reste mauvais pour la santé, surtout à cause des gaz et de la poussière qu’ils respirent. Leur espérance de vie est de 45 ans, et la retraite… à 55. Peu y parviennent, ou dans quel état ! ... La rencontre avec les mineurs a vraiment été un moment fort, et notre guide, Jesus de Greengo Tours, super dans ses explications. Une visite à ne pas manquer si vous passez à Potosi.

Un beau filon !
Certains mineurs descendent 200m de profondeurs pour trouver de nouveaux filons
Des stalactites de sulfate de cuivres....
Retour à Uyuni, 22 Jours après... Merci Colque Tour, Cette petite agence qui organise des tours sur le salar est l’une des plus grosses de Bolivie, bien qu’on pensait avoir déniché une toute petite entreprise, vu la taille du bureau d’Uyuni. Ils ont éte vraiment très arrangeants, car on a eu la possibilité d’étendre notre tour de 5 jours aussi longtemps que l’on voulait. On avait convenu de rester à la Laguna Blanca quelques jours afin de grimper le Licancabur. Mais ce qui n’était pas du tout au programme, c’était le petit tour au Chili. A chaque fois, ils nous disaient “no problemo !”, d’où notre extansion à …3 semaines ! On a donc repris la route pour Uyuni le mercredi 22, car le mardi il n’y avait pas de place pour nous dans les jeeps ; on ne peut pas leur en vouloir de nous avoir fait “poireauter” un jour, quand meme !… Le retour était magnifique, avec des sculptures naturelles, un peu de verdure ; en plus, la piste était beaucoup plus facile qu’à l’aller. Donc encore une belle journée, toujours sous le soleil et dans le vent.
La Laguna Colorada, plus colorée qu'à l'aller Les flammands roses...
La vallée de las piedras
Les rochers forment de vrais visages
L'église de San Cristobal, un village très récent, fabriqué de toutes pièces par une entreprise américaine qui exploite une mine.